Archives mensuelles : janvier 2021

Bien à vous Madame

A vous Madame qui vous êtes permise de dénigrer mon travail vous adressant à un de mes employeurs , avec  les termes suivants « entre personnes responsables je me dois de vous dire… »
Sachez madame, que votre rang ne fait pas de vous une personne plus responsable que moi, mais comme il vous plait de croire cela , voyons donc l’observation que j’en fais, de ma place de « petites mains ».


Oui effectivement je suis une de ceux qui ont un « petit emploi », et je le fais avec cœur et de manière responsable, oui ce « petit boulot-là» je l’ai choisi en son temps, réellement choisi, pour, je ne vous le cache pas, pouvoir assumer la responsabilité de nous nourrir ma fille et moi.


Oui madame j’ai choisi de préparer, nettoyer, entretenir des logements, de gens d’ici et parfois je m’occupe de lieux accueillant des gens comme vous, pour un séjour plus ou moins court.

J’admets, parfois cela me dérange un tantinet mais quoi qu’il en soit, ce métier là, comme mes autres métiers, j’ai choisi de les faire du mieux que je peux  avec conscience et cœur.


De ces métiers, Madame, j’en suis fière, pour ce qu’ils m’apportent et pour ce que j’en fais.


Madame, face à moi, alors que je vous en ai fait la demande vous n’avez rien reproché, fuyant mon regard, mon sourire et ma présence .Dès mon arrivée cependant,, vous vous êtes sentie obligée de me dire « je suis originaire d’ici , et donc pas une touriste comme les autres » .

Soit et donc ?


Et donc… rien !

Du moins pas dans les yeux, mais une fois les clés rendues, en tant que « personne responsable » vous avez agit en parfaite délatrice, reprochant au propriétaire la présence de poussière sur 3 étagères. Plusieurs échanges, planquée derrière un ordimateur pour 3 etagères…en voilà une affaire ?!!!!

Oui je l’admets indiscutablement, j’ai manqué de vigilance sur 3 pauvres étagères, mon esprit vagabondant vers d’autres sphères quand je préparais ce logement pour vous accueillir.

J’admets mon erreur et aurais été ravie de m’en excuser auprès de vous, les yeux dans les yeux.


Sous prétexte de « parler entre gens responsables » Mais basque et d’ici cependant ,je le repète ici, volontairement, autant de fois que vous avez appuyé sur ce fait (il doit bien y avoir une raison ), vous avez effectivement montré que vous n’étiez pas une touriste comme les autres. Je le conçois encore… vous étiez pire : vous avez laissé exprimer votre condescendance, votre mépris, pour les petites mains telles que moi.


Sachez Madame, que je ne vous en veux même pas !

Au contraire cela me fait sourire.


Parce que Madame, une fois la porte franchie ; ce sont mes mains qui ont nettoyé les traces de votre passage dans la cuisine, qui ont ramassé les draps où vous avez dormi, et qui ont nettoyé les toilettes où vous vous êtes si bien soulagée. Permettez moi de penser d’ailleurs que si les draps eurent été moins propres, peut-être que moins « responsable et plus détendue vous seriez et votre langue serait moins acerbe ».

Du court échange que nous avons eu j’en retiens votre empressement à me dire « je suis basque » et cela me donne légitimité et des droits en ces lieux (cela était sous entendu) , suivi de « et je reviens m’y installer et travaille bientôt » …grand bien vous fasse !!

A y réfléchir, peut-être qu’effectivement mon nom vous a fait penser que vous aviez plus de légitimité que moi à vous dire basque. Effectivement, vous avez le droit de l’imaginer, et je m’autorise le droit d’en sourire…par habitude et par lassitude un peu aussi je l’avoue.

Mon nom (le 1er) n’est pas basque mais mon âme l’est ! Mon père n’est pas basque mais mon éducation et mes valeurs le sont et c’est ce qui me fait très certainement garder le sourire face à vos actions ces derniers jours… (milesker aitatxi ta amatxi)

En tant que petite main d’ici, j’ai soigneusement (à 3 etagères près) préparé le lieu, en musique pour tout vous dire, basque bien entendue ! Dans la cuisine, j’ai pris soin d’y disposer, pour vous et les personnes reçues des produits locaux achetés à l’épicerie du coin…Qu’elle n’est donc pas ma surprise de voir qu’à votre départ ces quelques produits de base ne sont plus là…n’ayez crainte Madame je les ai remplacé, une fois le ménage fait pour les prochains touristes, souriant (jaune) et sans mot dire au propriétaire. Ma responsabilité étant qu’ils ne manquent de rien et qu’ils se sentent chaleureusement accueillis!

Alors Madame, en tant que petites mains responsables, je me dois toutefois de vous dire Merci.


Une fois de plus, en ne me pensant pas basque, vous m’avez rappelé combien je le suis ! Combien en regardant par la fenêtre, dépoussiérant les fameuses étagères j’ai ressenti la présence de mes ancêtres, et combien, dans le vent qui soufflait, j’ai ri avec Emazte Xuri du ridicule de la situation.


Oui madame, les mots en euskara me manquent pour vous dire à quel point je vous emmerde (quoique  …avec un petit effort je les ai) , en ce point je ne suis pas tout à fait Euskaldun mais j’y travaille assurément.


Oui madame je n’ai pas de nom basque mais je suis bel et bien d’ici, du plus profond de mon être, du plus profond de mon cœur, à chacune de mes respirations, à chaque larmes versées, dans chaque pas, chaque geste, chaque acte, chaque erreur, chaque émotions, dans  chaque faux pas, dans chacune de mes revendications  je vis en basque et et de plus en plus fort qui plus est ! Et donc,  je continuerai à l’être ! et puis tenez, si je le peux, j’essaierai de le faire encore mieux  !


Oui madame je vous remercie, parce qu’à travers votre façon d’agir « en tant que personne responsable » vous m’avez fait saluer et porter haut les couleurs des gens de petites mains comme moi ! Avec honneur et fierté d’ailleurs!
Vous m’avez permis de mettre en lumière, un non choix que je me refusais de faire, merci donc, il ne me reste qu’à passer à l’acte !


Merci Madame ! Vous avez renforcé en moi la force de la parole juste, de la parole vraie, de la parole donnée ! Quelle fierté là encore ! Hitza Hitz, vous connaissez sûrement…


Madame, vous avez revendiqué ne pas être une touriste comme les autres, je le confirme encore vous avez été pire ! Et sous ma cape, j’en ris !


Une dernière chose toutefois me vient à l’esprit. Dans ma vie, vous n’avez été que de passage ; peut être, nous croiserons nous à nouveau puisque vous revenez ici bientôt.
Vous revenez si j’ai bien compris, exercez votre métier de « personne responsable » ainsi mis en lumière. Soit ! je vous souhaite bien du courage mais prenez garde, il y aura peut-être dans vos petites mains d’en dessous, des basques comme moi que vous pourriez aussi froisser, je vous souhaite  toutefois que comme moi, ils préfèrent en sourire , plutôt que d’en prendre ombrage…

Izan 20/01/2021

j’attends de moi et de moi seule

Accueillir tristesse , peur et colère qui grondent  en nous dans une danse sauvageonne, les vivre, les chanter , les crier pour les laisser s’effacer et laisser place à des joies nouvelles.
Ne rien refouler, ne rien garder,
Comprendre pour pardonner, se pardonner et enfin se libérer de l’emprise; celle qu’on s’est créé , voulant adhérer à un monde qui n’est pas le sien.
Comprendre que dans leurs yeux, leurs mots, leurs reproches, leurs mensonges nous n’y voyons en réalité que nos parts d’ombres, nos parts sombres et décider seul de s’en libérer.
Cesser d’attendre de l’extérieur , aller chercher au plus profond de soi la douceur apaisante de la liberté.
Ce chemin n’est pas simple, il est sinueux, long, déroutant parfois haletant mais il est intrigant  enivrant, exaltant.
Se poser un instant, revivre le passé avec les yeux de la compassion et comprendre que rien n’est plus fort que cet instant où notre force intérieure vient à nouveau se présenter pour vous murmurer  » Allez on ne va pas s’arrêter là tu crois pas? viens on continue, rien n’est fini, bien au contraire, c’est maintenant que tout commence « 

J’attends donc de moi et de moi seule
D’être celle que je veux être

Femme, mère, fille, amie, amante
Bienveillante, sage , maternante
douce, protectrice, aimante
Sereinement joyeuse
Sereinement rieuse

Sorcière , guérisseuse ou guerrière
guide, chercheuse de vérité
Danseuse et musicienne
Artiste ou bien savante

Belle,sensuelle, charnelle
sauvage ou sage,
rebelle ou soumise

Basque, universelle,
terrienne ou bien stellaire

Qu’importe qui je suis
Si je suis libre d’être


Izan
10/01/2021

Accepter ce qui est

Accueillir la plainte, la douleur, la colère, la peur, la tristesse est parfois salvateur si on apprend à l’observer de sa juste place…

 « un mal est un bien qui n’est pas à sa juste place » Selim Aissel

Cette phrase a raisonné en moi un jour de formation, elle fut libératrice. Elle m’a appris à m’observer.
A marquer un stop sur ce qui se jouait en moi. Puis j’ai arrêté de juger, de me juger, j’ai appris à ne plus culpabiliser, ni l’autre ni moi. Je me suis offert la douceur de l’amour et de la compassion que je sais si bien accordée à l’autre.


Alors la clarté et la sagesse sont venues m’accompagner pour mieux me guider dans ce lourd travail, sur ce long chemin … le chemin de mon destin.

Quand aux joies de la vie, certains matins laissent place à la souffrance, celle du corps, celle des mots, celle des souvenirs, celle du mental et de ses croyances limitantes à tout va qui vous entraînent si puissamment vers le bas, observer ce qui se passe en soi devient alors une des  clés de la liberté !

Observer, sans juger, sans culpabiliser, avec bienveillance, le plus souvent possible , accueillir ce qui se passe et se permettre de choisir sa vie !


Fermer les yeux et méditer, écrire peut-être ou au contraire hurler au son du tambour, dans une danse sauvageonne ? Qu’importe comment mais accueillir et accepter d’entendre ce que les maux disent.

Ne rien rejeter, ne rien fuir, ne rien refouler ; Juste regarder ce qui vient là et décider alors de rester là ou de choisir un autre chemin. Celui la transformation, de la transmutation.

Oui ! Parfois cela se révèle douloureux, long, périlleux  mais c’est à chaque fois un chemin extraordinaire, celui du pas vers soi.

Oui ! Parfois les souffrances sont telles que j’aurais préféré en rester totalement éloigné, dans l’anesthésie et le déni le plus total.
On peut choisir de fuir mais une fois qu’elles vous rattrapent, parce qu’elles vous rattrapent, la douleur est alors encore plus grande.

Désormais cela je l’ai compris donc acte ! Accueillons !!                      


D’avouer parfois mes colères, mon désespoir, ou ma peine, les déposer par écrit est pour moi à chaque fois le début du dialogue accepté, le début du travail. C’est mon moyen de renoncer à la plainte continue, celle où j’attendais continuellement un sauvetage extérieur, qui ne me servait à rien.

Ô certes il sauve, oui !un temps ! Mais  il ne me permettait pas de créer ma vie, de choisir ma vie, de me choisir telle que je suis, telle que je vibre.


Ecrire pour déposer les armes, c’est le choix que j’ai fait pour que, une fois les souffrances avouées, entre alors le processus de guérison ;


Celui qui passe alors par le chemin de mon cœur. Ce cœur qui sait si bien faire parler mon âme, mon moi, mon essence. Appelez-le comme vous voulez mais ce Moi là, incroyablement noyé sous une masse de croyances, de pensées , de douleurs, d’histoires qui ne sont pas totalement les miennes.


Les réponses à une douce guérison vient alors, de la plus belles manières qui soit : par les cadeaux de l’univers : dans l’instant d’une rencontre, dans les échanges avec un ami, dans un chant, un livre, dans l’écoute du vent, de l’eau, dans les sons de ma Terre, que sais je encore…

Une fois les réponses perçues, le chemin s’éclaircit à nouveau, celui de l’Être, de mon Être, celui de l’Amour, l’Amour de soi ! Celui de l’acceptation de ce qui est ou a été, celui du Pardon, celui de la Libération !


A cet instant là, le désir de vivre est plus fort que tout, je suis à nouveau debout,  je respire, je vis et je danse, je ris à nouveau.


Au diable alors vos critiques, au diable alors (si tant est qu’il existe) ce que vous voyez de moi, ce que vous pensez. Dans vos yeux, vos mots, vos silences, vos actes je voyais mes ombres alors je vous en remercie et je danse à nouveau, et ça, c’est le plus important !


Si vous ouvrez votre cœur, si vous êtes ok pour recevoir la réponse, ouvrez les yeux, vos oreilles, ouvrez vos sens, la réponse sera là.

Parfois aussi douce qu’un baiser sur le front, parfois cinglante mais elle sera là, à vous alors d’en saisir la chance,  celle de choisir les clés de la liberté ou les chaînes d’un mal-être intérieur.

Chacun de ces choix reste le votre, chaque choix peut s’entendre, personne ne peut juger, il n’y a aucun reproche à faire, ni même à entendre ni même à se faire. De chacun de ces choix, il y a TOUJOURS quelque chose à apprendre le bon moment venu.


Et un jour viendra la force, celle d’accepter votre ombre comme votre lumière, celle de vous pardonner, de vous remercier pour au final S’AIMER ET ENFIN VIVRE !

Izan
09/01/2021